Un ERP peut-il devenir un outil anti-corruption ?

ERP anti corruption

Le défi

L’ERP peut-il être anti-corruption ? A priori, on se dit en effet : pourquoi pas ?

L’ERP établit les meilleures pratiques commerciales, normalise et unifie les processus commerciaux d’une maison mère et de ses filiales. Il permet évidemment de suivre les données financières.

Cela semble donc un outil idéal pour lutter contre les dessous de table et les procédures qui by-passent les règles du jeu.

Ainsi la Coal India Ltd vient de se doter d’un ERP, dont Pralhad Joshi, le ministre des affaires parlementaires, du charbon et des mines de la république d’Inde déclare lui-même « qu’il s’agit d’améliorer la transparence et de réduire la corruption ».

L’exemple Coal India Ltd

Ceci peut paraître anecdotique, mais il faut bien voir de qui l’on parle. Coal India Ltd est le plus grand producteur de charbon au monde. Elle est le septième plus grand employeur en Inde avec près de 272 000 employés. Elle contribue pour 82% à la production totale de charbon de l’Inde. Il s’agit d’une entreprise détenue par le gouvernement central de l’Inde qui contrôle ses opérations par le biais du ministère du charbon. En termes de valorisation, c’est la 8e entreprise indienne.

Voilà pourquoi cette information discrète donnée par une agence de presse de New Dehli mérite l’attention. « Avec l’introduction des dernières technologies informatiques, la production de charbon augmentera également, a déclaré le ministre. Il a également souligné que le système ERP garantirait la transparence de la production, du transport et de la vente du charbon, ce qui réduirait considérablement la corruption. »

Bien sûr, l’objectif de l’introduction d’un ERP dans une telle entreprise est de rationaliser les process ce qui doit conduire à augmenter la productivité, donc la production et la rentabilité.

Ceci en rendant lisibles et transparents tous les process. La corruption paraît mécaniquement prise au piège de cette rationalisation « naturelle ». Cela semble simple comme bonjour.

En Afrique

L’intérêt d’un ERP est aussi qu’il permet de traquer les fraudes et les irrégularités internes. En Afrique, un des enjeux dans la lutte contre la corruption, par exemple, est de lutter contre les conflits d’intérêts, lorsqu’une même personne est à la fois fournisseur et distributeur, entre autres situations. Cela crée un conflit d’intérêt qui peut être facilement identifié par un ERP.

Enfin, l’ERP peut être un outil idéal pour la conformité à la législation et aux règlements internes sur la corruption, et pour le respect de la conformité dans une entreprise.

A priori, c’est l’outil idéal pour un tel objectif, mais est-ce toujours aussi simple ?

La réalité

La réalité est un tout petit peu plus complexe. 

L’ERP anti-corruption ne se réduit pas, en fait, à la seule introduction d’un outil dans une organisation, fût-il aussi formidable qu’un bon ERP. Il faut souvent jouer en deux temps.

L’ERP anti-corruption suppose que l’organisation ait déjà un ERP en place. Cela n’est pas toujours le cas des grandes entreprises d’Etat dans les pays en développement. Ces entreprises font souvent face à des problèmes de ressources humaines et d’organisation pour mettre en place un ERP.

Quand elles y parviennent tout de même, comme ici la Coal India Ltd, l‘ERP anti-corruption suppose aussi que l’ERP soit opérationnel et que l’entreprise ait déjà mis en place les procédures requises en matière de lutte anti-corruption. Les règles du jeu doivent être déjà là. Ce n’est pas le progiciel qui va les faire apparaître à lui tout seul.

Si cela n’est pas le cas, l’ERP anti-corruption est vite un projet qui, bizarrement, … traîne !

La volonté du dirigeant

Dit autrement, l’ERP ne peut pas se substituer à la volonté d’un dirigeant de mettre en place un fonctionnement irréprochable. Un ERP peut certes être un outil utile dans le cadre d’une politique de conformité mais il ne peut pas se substituer à cette politique en soi. Sans la volonté du dirigeant et de l’encadrement, l’ERP reste un logiciel.

Enfin, l’ERP anti-corruption ne peut pas se substituer à la prise de conscience et à la formation des salariés et de leurs cadres.

Au final, même avec un ERP opérationnel, une structure de contrôle ou de management de la conformité doit être mise en place.

L’ERP est-il adapté à la traque des pots-de-vin, par exemple ?

Ce n’est pas forcément facile dans le cas de grandes entreprises composées de milliers de personnes et d’agences réparties dans le monde. La tâche est titanesque. Il est évident que pour débusquer toutes les failles sur un tel ensemble, il faut une volonté ferme et une politique cohérente d’ensemble de la part de la direction.

Il n’empêche que l’ERP peut être alors une aide précieuse en la matière. Quand les tâches de contrôle, de vérification et d’audit sont modélisées, alors la productivité du changement d’attitude vers des comportements éthiques est considérablement accélérée.

En matière de lutte contre la corruption, le levier est en effet d’abord psychologique. L’effet de transparence induit par la mise en place d’un ERP peut être décisif. S’il est bien utilisé.

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