Reconnaissance de formes et machine learning : c’est la créativité qui en fera le marché

Au fond, résumer la reconnaissance de formes au seul problème de la reconnaissance faciale sécuritaire, c’est un peu comme “regarder le doigt quand le sage montre la lune”. 

Objet fascinant

Bien sûr, l’objet est fascinant. Rendez-vous compte ! Des machines capables d’identifier n’importe qui n’importe quand pourvu qu’il y ait une caméra, capables donc de faire ce qu’un être humain ne pourra jamais faire.  
Ce doigt touche quand même une technologie formidable. 

Mais il incarne en réalité le seul paradoxe dit “de Moravec”Les machines font plus facilement des choses qui nous semblent compliquées, comme jouer aux échecs ou identifier des gens, qu’elles ne sont capables d’effectuer des actes simples (pour nous), comme marcher et sauter. 

Et si on se laisse happer par l’effet de fascination que produit ce paradoxe, alors on ne comprend pas la technologie, et c’est la peur qui enchaîne aussitôt : les atteintes à la liberté, la surveillance généralisée, etc.

Si l’on regarde en direction de la lune, en revanche, c’est-à-dire au-delà du doigt, si l’on comprend ce que cette intelligence-là veut dire, alors la perspective en est totalement changée.  

Is Big brother watching you ?

Dès lors, le panorama de tout ce à quoi peut servir la reconnaissance de toutes les formes (les visages, les voitures, les plantes, etc.) devient vertigineux. 
 
Reconnaître les plantes adventices (mauvaises herbes) dans les champs pour les enlever sans passer par les pesticides (agriculture), identifier les animaux tenus en laisse qui ont soif dans la rue et suggérer à leurs propriétaires de les faire boire à la prochaine fontaine (smart cities), etc.  

Tous ces services passeront par la reconnaissance de formes.  
Seulement, décrits comme cela, ils évoquent parfois la science-fiction sous ses mauvais côtés. 

La chance de l’Europe 

A notre sens, et c’est sans doute la chance de l’Europe, pionnière avec le RGPD, il y a une condition essentielle pour regarder vraiment en direction de la lune. Il faut se débarrasser du réflexe Big Brother et du débat sur les données personnelles.  
Il faut sortir du postulat selon lequel savoir qui fait quoi où et quand doit forcément finir dans un grand dossier et être stocké indéfiniment.  

C’est tout le contraire : vive l’anonymat !

Oui, il faut s’intéresser à tous les potentiels de la reconnaissance de formes en raisonnant sur des données anonymisées. En s’appuyant, entre autres, du calcul déporté.  

Redouane Labdoui, directeur associé d’Inventiv-IT, résume les choses dans la vidéo ci-dessus 

Où se trouvent ces marchés ?

Les nouveaux marchés de la reconnaissance de formes se trouvent donc bien au-delà de ceux que l’on pourrait appeler les marchés de Big Brother.  
Heureusement pour l’humanité, il y a d’autres clients pour la reconnaissance de formes que les gouvernements de dictatures et les douanes.  

Encore faut-il trouver les idées. 

Et le plus difficile pour débrider sa créativité en la matière est sans doute de jongler avec cette idée qu’on va devoir reconnaître quelqu’un en particulier, l’identifier concrètement lui ou ses objets (sa voiture, sa moto, etc.) et ce, avec une certitude de 100%, mais que le fait de savoir qui il est ne nous intéresse pas. 

Autrement dit, d’accepter l’idée que la machine fera quelque chose (identifier quelqu’un) que nous nous interdirons d’utiliser, parce que ce n’est pas le sujet.

La difficulté du raisonnement ?

Ce “pas de côté-là” n’est pas seulement et pas tellement juridique ou procédural. Voire même technique.  

Ce mouvement de l’esprit est finalement celui que Pascal Picq nous invite à effectuer dans son dernier livre.  

Pascal Picq est paléoanthropologue. Il mène des recherches sur l’évolution de l’homme et s’intéresse aux origines tout autant qu’aux changements anthropologiques actuels. Et donc à l’intelligence artificielle. Il a connu un grand succès avec notamment “Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots”  (2017 Odile Jacob). 
 

Dans son dernier livre “L’intelligence artificielle et les chimpanzés du futur : pour une anthropologie des intelligences”, il développe la thèse suivante : l’homme est face à l’intelligence artificielle comme il l’est face à l’intelligence des animaux. Il ne comprend pas qu’il ne s’agit pas d’une intelligence concurrente à la sienne, mais qu’elle est d’une autre nature.  

Et plutôt que de vouloir faire en sorte qu’elle nous singe et devienne un autre nous-même en mieux, ce qui nous asservirait à elle, mieux vaut se servir de cette autre nature de l’intelligence en question. 

Ainsi une fourmi isolée n’a que très peu d’intelligence. Alors qu’une colonie tout entière est capable de développer des stratégies pour obtenir ce qu’elle veut supérieures à celles dont l’homme est capable. 

En cherchant ces autres natures d’intelligence qui nous seraient bien utiles dans les services que nous rendons à nos clients par exemple, la reconnaissance de formes livrera un potentiel énorme, en se faisant la simple brique de services extraordinairement plus puissants.  

 

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